Le retour des maladies oubliées en France

Scorbut, gale, choléra, ces mots issus des livres d’histoire font peur. Et pour cause, ces maladies ont causé des dizaines de millions de morts pendant le Moyen-Âge, décimant quasiment la moitié de la population européenne. Cependant, elles refont aujourd’hui surface…

Des infections peu nombreuses mais bien présentes…

 

Même si ces maladies ont pour la plupart disparues des pays industrialisés, des infections ont récemment été recensées dans les hôpitaux. La tuberculose (quasiment éradiquée dans les années 80), touche 5 000 français par an et est en outre la première cause de mortalité chez les personnes séropositives.

La rougeole, pratiquement inexistante dans les années 2000, a touchée 41 000 personnes durant les six premiers mois de l’année 2018, soit sept fois plus que pendant toute l’année 2016. Souvent considérée comme une des maladies les plus infectieuses, un individu peut contaminer 12 à 18 personnes non vaccinées.

Autre infection ayant fait des ravages dans le passé, la gale est de nouveau présente en France. 328 cas pour 100 000 personnes sont ainsi recensés, soit environ 220 000 personnes infectées par le virus sur le territoire français. Cette maladie très infectieuse, provoquée par un acarien pondant des œufs sous la peau du souffrant, se transmet principalement dans les environnements communautaires, tels que les écoles ou les maisons de retraite.

Enfin la syphilis, infection sexuellement transmissible très contagieuse, est également de retour depuis les années 2000. Selon une étude de l’institut national de la veille sanitaire, en 2014, ce sont plus de 1 000 cas de syphilis qui ont été déclarés à l’InVS, mais le nombre réel de cas est sans doute bien supérieur, avec une majorité chez les homosexuels et les personnes ayant des pratiques sexuelles à risque (84%) (rapports anaux sans préservatif avec des partenaires occasionnels par exemple).

Le scorbut, maladie des marins au long cours, est également revenu et a infecté dix personnes au seul CHU de Limoges en 2015. Cette infection, touchant principalement les personnes fragiles (personnes âgées, jeunes ou précaires) ne consommant pas ou très peu de fruits et légumes, survient en cas de carence en vitamine C. Néanmoins, les cas sont actuellement très rares. Difficile donc de véritablement prendre en compte cette maladie, qui se guérit très facilement si elle est traîtée à temps.

 

…qui se traitent néanmoins assez facilement

 

Si ces pathologies pouvaient être très problématiques, voire mortelles auparavant, elles se soignent désormais assez facilement et peuvent pour la plupart être prévenues via des vaccins ou l’information. Les technologies médicales et les habitudes sanitaires ont évolué entre temps et justifient ce recul de ces maladies et leur partielle disparition dans les pays développés.

Depuis 2018, ce ne sont plus trois mais dix-huit vaccins obligatoires. Bien que controversés, ils permettent de réduire drastiquement le risque de contamination. Pour le docteur Guillaume Martin-Blondel, médecin au service des maladies infectieuses du CHU de Toulouse, « se vacciner est un acte aussi bien égoïste (se préserver soi) qu’altruiste (préserver les autres autour de soi) », ce qui confirme la tendance « hésitante » de la population à l’égard de ce moyen de prévention.

 

VL

 

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Sources :