Lancement du programme de recherche sur l'antibiorésistance

L’antibiorésistance c’est la capacité d'un micro-organisme à résister aux effets des antibiotiques.

Aujourd'hui, certaines résistances bactériennes peuvent compliquer le traitement d'une infection, même bénigne, y compris chez une personne en bonne santé. Les bactéries évoluent et se modifient pour échapper à l’effet des antibiotiques. L’utilisation massive et répétée des antibiotiques a accéléré le développement de cette résistance aux antibiotiques.
“Un antibiotique mal utilisé, c'est à dire pris à tort ou dont les doses et la durée du traitement n'ont pas été respectées, favorise l'apparition de bactéries résistantes dans notre corps. De plus, lorsqu'une bactérie devient résistante cela s'inscrit dans ses gènes et en se multipliant elle transmet cette résistance à sa descendance.” (source : " L'antibiorésistance, mieux utiliser nos antibiotiques" par l'Agence Régionale de Santé - Nouvelle Aquitaine) 

La France est le 4ème plus gros consommateur d’antibiotiques en Europe. Chaque année, 125 000 infections à bactéries très résistantes sont recensées, qui entrainent 5500 décès par an. Le 9 janvier 2020, un programme prioritaire de recherche sur l'antibiorésistance a été lancé. Il est coordonné par l’Inserm et doté d’un budget de 40 millions d’euros. 

Pourquoi ce programme et quels sont les objectifs ? 

“Ses objectifs : mettre en œuvre un programme de recherche ambitieux fédérant l’ensemble des forces françaises, proposer, en santé publique, de nouvelles stratégies et mesures de lutte dans le but de réduire et d’optimiser l’usage des antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire afin d’inverser la courbe des résistances, en adéquation avec les actions internationales. (source : "Points essentiels du programme prioritaire de recherche sur l'antibiorésistance", Inserm, PDF téléchargeable dans la colonne de droite) 

L’antibiorésistance est un problème d’ordre mondial, qui touche tous les pays, toutes les zones géographiques, toutes les espèces vivantes. C’est une situation critique, qui, si elle ne change pas, pourrait causer plus de 2,4 millions de décès en Europe, en Amérique du Nord et en Australie au cours des 30 prochaines années. 

Les bactéries résistantes sont partout, chez l’Homme, l’animal et dans l’environnement. Pour cela, il faut donc lutter de manière globale. On appelle cela la démarche One World, One Health, “un monde, une seule santé”. Le programme se décline en quatre axes forts : la santé humaine, la santé animale, l’environnement et les sciences humaines et sociales. La diversité des axes de recherche apporte une précision et un approfondissement pluridisciplinaire

« Antibiorésistance : comprendre, innover, agir »

Ce programme répond à  4 challenges :

 • Dynamiques et contrôle de l’émergence, dela transmission et de la dissémination des résistances

• Optimisation de l’usage des antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire

• Déterminants individuels, ethnologique et sociologiques, économiques, politiques et culturels de l’antibiorésistance 

• Innovation thérapeutique

A travers ces grands axes, la recherche s'intéresse à : la résistance en elle-même et à la manière dont elle se transmet, les nouvelles stratégies thérapeutiques, les innovations technologiques, (le big data et l’intelligence artificielle) ainsi que les enjeux en santé publique, sociaux,psychosociaux, économiques, juridiques et aussi culturels. 

Les actions mises en place sont le développement et la création de plateformes, réseaux et observatoires dédiés à l'autobiorésistance : le renforcement des équipes de recherche via des challenges scientifiques sous forme d’appels à manifestation d’intérêt ou d’appels à projet interdisciplinaires et aussi l'augmentation des moyens humains. 

 

 E.A

 

sources : 

 

Credits images :

  • Nouvelle Aquitaine ARS Santé
  •  Solidarité Santé