visuel étude i-Share sport

On entend souvent « non vraiment ? tu les fais pas ! » en parlant de l’âge de quelqu’un. Et bien cette expression basée a priori uniquement sur l’apparence d’une personne, peut parfois s’avérer vraie pour votre métabolisme.

En effet, il est possible d’avoir 18 ans et le métabolisme d’un trentenaire ou encore 40 ans et un corps d’une vingtaine d’année.

Pour savoir quel est réellement l’âge de votre corps, le service sport de l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (SCAPS de l’UVSQ), dans le cadre son projet sport santé, vous propose, en cette rentrée 2018/2019, de faire le bilan de votre condition physique.

Alors que 79% des Sharers (participants de l'étude i-Share) se disent en bonne santé, et 26% pratiquent une activité sportive plus d’une fois par semaine, revenons sur ce projet avec Pierre Nieto, Directeur du SCAPS de l’UVSQ.

Le projet sport santé c’est quoi ?

JD : Pierre Nieto, pourquoi avoir choisi de mettre en place le projet sport santé à l’UVSQ ?

PN : « Ce projet est né suite à un décret qui est paru dans le cadre de la loi Fourneyron pour sensibiliser les personnes au sport et notamment dans le milieu étudiant. 

A l’issu d’un colloque à Bordeaux avec les directeurs du SIUAPS (Service Inter-Universitaire des Activités Physiques et Sportive) sur la thématique sport santé, nous avons décidé de mettre en place ce projet à l’UVSQ.

On part du constat que la pratique sportive diminue régulièrement de la 6ème jusqu’à l’université (4h d’EPS/semaine en 6ème contre un temps volontaire quand on est étudiant).

De plus, on sait que dans le milieu étudiant - l’étude i-Share l’a montré- il peut y avoir des détresses physiques, mentales ou autres.

Notre devoir en tant que professeur d’EPS est donc de sensibiliser les étudiants sur la santé par le sport. »

 

JD : Qui sont les différents acteurs de ce projet ? 

PN : « L’idée est de mener un projet transversal avec le service universitaire de médecine préventive de l’UVSQ  et, par la suite, aller plus loin en profitant des ressources que l’on a l’UFR des Sciences de la Santé en les joignant à ce projet, en sensibilisant les étudiants en médecine par exemple. 

Il est important de former les futurs médecins pour qu’ils puissent guider leurs patients vers une activité physique en fonction des  pathologies observées. » 

 

JD : Comment va se dérouler ce projet ?

PN : « On va dans un premier temps faire un constat du niveau de sédentarité des étudiants, puis déterminer quelles actions mettre en place pour sensibiliser les étudiants au sport »

 

JD : Quel est l’objectif du projet ?

PN : « Sensibiliser les étudiants à l’activité physique pour, à terme, observer un taux de pratique du sport qui augmente chez les étudiants. »

Le bilan de condition physique, comment ça se déroule ?  

De la souplesse à la cardio,  en passant par le gainage abdominal, l’équilibre, ou encore la force statique et la force des membres inférieurs et supérieurs, tout y passe !

Menée et réalisée par les référents sportifs de l’université, cette batterie de tests vous permettra de bénéficier de conseils adaptés et personnalisés pour améliorer votre condition physique.

JD : Pierre Nieto, concrètement comment se passe ce bilan de condition physique ? 

PN : « L’étudiant remplit un questionnaire de sédentarité, il passe ensuite toute la batterie de tests, dont les résultats seront notés sur une fiche individuelle. Ensuite, il y a la 2ème feuille avec tous les résultats de l’impédance-mètre (poids, masse graisseuse, masse musculaire, masse des os, IMC, âge métabolique, masse hydrique,  nombre de calories nécessaire par jour).

Dans un autre temps, on le conseille, et on recueille les chiffres pour les statistiques.

Puis, on donne une échelle, dans laquelle l’étudiant peut se positionner avec ses résultats par rapport à quelqu’un de son âge.

Ex : Tu as tels résultats, tu as 19 ans, ce résultat-là correspond plutôt à quelqu’un de ton âge, c’est très bien,  ou sinon à un sédentaire, qui fume, …

On n’est pas dans une compétition à la recherche de la performance.  L’idée est que l’étudiant parte d’un niveau, et que si on refait le test dans 3 mois, il ait amélioré ses résultats. C’est un challenge personnel avec lui-même.

Ces résultats, qui restent confidentiel pour l'étudiant, permettent de le sensibiliser à l’importance de la pratique d’une activité physique en fonction de son profil.

Ex : Tu as tel profil, là c’est assez faible en cardio, tu n’as pas une très bonne récupération, tu pourrais par exemple aller faire un footing le dimanche matin ou courir un peu, pour récupérer en condition physique. 

Après la question à se poser c’est pourquoi on arrive à ces résultats ? Il peut y avoir plusieurs raisons, cela peut être dû à un manque d’activité sportive, mais aussi une mauvaise alimentation et c’est là que le service de médecine préventive intervient en orientant éventuellement l’étudiant vers un.e nutritionniste ou autre professionnel de santé. »

 

JD : Vous avez déjà eu des retours des étudiants ? 

PN : « On a senti aux regards de certains étudiants que ça avait un impact quand on leur annonçait les résultats. Ils étaient ouverts et  réceptifs au discours que l’on tenait, parce qu’on n’est pas dans un esprit moralisateur. Ils sont adultes et nous sommes uniquement là pour les conseiller.

De plus, il y a un indice supplémentaire sur l’impédance-mètre, c’est l’âge métabolique. On se rend compte que c’est un indice qui a du sens pour les étudiants et qui les interpelle tout autant que leur pourcentage de masse graisseuse.»

 

JD : Et après le bilan de condition physique ? 

PN : « Le bilan va nous permettre de réaliser un constat. 

L’idée est de développer le sport à la fac, mettre en place des actions de prévention, et assurer un suivi personnalisé des étudiants toujours en relation avec le service de médecine préventive. »

L’activité physique comme médicament ? 

« 26%  des Sharers pratiquent une activité sportive plus d’une fois par semaine, et 50% d’entre eux aimerait en faire plus »

Une envie à satisfaire pour le plus grand bonheur de votre corps et de votre esprit ! 

Et oui, les bienfaits de l’exercice physique ne se limitent pas à vous muscler et vous préparer pour les JO 2024.

En plus de vous faire bouger davantage, et de réduire votre temps quotidien en position assise (cours, télé, ordinateur, travail, …), certaines études ont montré que l’activité physique améliore l’apprentissage et les chances de réussite, en agissant sur :

  • le débit sanguin cérébral et l’oxygénation du cerveau,
  • les neuromédiateurs cérébraux,
  • la synthèse de nouveaux neurones par le biais de facteurs de croissance,
  • et l’augmentation du réseau capillaire cérébral.

Un effort physique pratiqué au bon moment après avoir acquis de nouvelles connaissances peut également améliorer la mémoire à long terme.

L’exercice physique réduit également les effets néfastes du manque de sommeil et permet de retrouver un équilibre neurologique (réduction du stress, qui augmente la privation de sommeil) même dans les conditions de privation de sommeil prolongées.  Moins de stress pour mieux dormir.

Dernier petit secret, la marche accroît les capacités cognitives et vous rend plus créatif

 

L’activité physique, une vraie potion magique !

Alors, au prochain petit coup de mou, privilégiez un remède naturel, et optez pour un footing, une rando entre potes, une partie de golf, ou osez carrément le célèbre « j’peux pas j’ai piscine ! »  

Et pour choisir le sport qui correspond le mieux à votre métabolisme, pensez à effectuer un bilan de condition physique pour bénéficier d’un programme adapté et de conseils personnalisés.

 

JD

Crédits photo ©Elodie Moreau