A Bordeaux, les robots médecins existent !

Au CHU de Bordeaux, un médecin virtuel peut désormais effectuer des consultations. Julia, psychiatre virtuelle à la clinique du sommeil, a été créée pour détecter les addictions. C’est le Pr Auriacombe, chef du service addictologie du Centre Hospitalier Charles Perrens et le Pr Philip qui l’ont inventée.

L’intelligence artificielle à l’origine de cette innovation 

En effet, cette innovation technologique est née de l’intelligence artificielle et du travail de l’équipe des médecins de Bordeaux et d’ingénieurs. C’est un travail long qui permet de délaisser une partie du diagnostic à l’intelligence artificielle, ce qui facilite le travail du médecin. Julia diagnostique les addictions et les troubles dépressifs. C’est une consultation assez spéciale comparable à un diagnostic clinique. Le patient est face à ce grand écran dans lequel on peut voir Julia. Elle pose des questions, et le patient répond à voix haute. Les données sont retranscrites grâce à la reconnaissance vocale et le médecin y a accès directement après cet entretien. 

Un robot qui ne juge pas 

Le robot cligne des yeux et surtout, ne juge pas le patient. C’est un des commentaires souvent mis en avant par les patients. L'interaction à travers un ordinateur permet de créer une certaine distance. Les patients sont plus ouverts à la discussion et ont moins peur d’être jugé par un médecin. Ils estiment qu’il est plus facile de parler à un robot, qui ne juge pas.

Les personnes plus sujettes à discuter et se livrer sont les personnes âgées car elles voient en Julia une personne à qui se confier. Le déclencheur de la discussion est la relation de confiance qui conduit à l’engagement. Même schéma que chez le médecin, une certaine confiance doit s’instaurer pour amener à la discussion. L’informatique émotionnelle (“emotional computing”) est au centre de cette invention. 

Un robot médecin, et après ? 

Même si ce robot nous fait penser à des films de science-fiction, c’est bien réel. Pourtant, pas de crainte, le robot ne remplace en aucun cas le “vrai’ médecin. C’est un outil supplémentaire pour faciliter la consultation. Julia permet aux médecins de réduire considérablement les attentes pour les rendez-vous médicaux et réduit également la durée de consultation. Aujourd’hui, plus de 300 patients ont pu se retrouver face à Julia pour poser un premier diagnostic.
L’étape suivante est la création d’une application gratuite cette année, afin de permettre aux patients en zone rurale de pouvoir discuter avec cet agent virtuel. 

 

E.A

 

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  • Sanpsy Lab